Vaccination : défis de communication avec les collectivités

Une boite contenant le vaccin Moderna, et un appareil servant à en contrôler la température
Une boite du vaccin Moderna qui est distribué aux Territoires du Nord-Ouest et un appareil qui sert à contrôler la température dans les caissons de transport. Une seule boite contient 10 ampoules, c'est-à-dire 100 doses de vaccin. (Crédit photo: Batiste Foisy)

La première vague de vaccination se dirigera, à partir du 18 janvier, dans les collectivités de Fort Providence, de Kakisa, d’Enterprise et de la Première Nation Kátł’odeeche. Toutefois, en début de semaine, résidents, élus et responsables des centres de santé des collectivités visées n’avaient encore reçu aucun détail.

C’est ce qu’a indiqué le député de Dehcho, Ronald Bonnetrouge, le 6 janvier, dans le cadre d’une séance d’information publique sur le déploiement du vaccin contre la COVID-19.

Une rencontre était toutefois prévue ce vendredi 8 janvier entre l’administratrice en chef de la Santé publique des TNO, Dre Kami Kandola et les leadeurs des communautés autochtones, pour faire le point sur le déploiement de cette stratégie de vaccination dans les collectivités.

Jamais contactés

Le 6 janvier, les députés membres du comité parlementaire qui recevait la ministre de la Santé et l’administratrice en chef de la santé publique ont eu l’occasion de recueillir les détails et d’exprimer leurs craintes entourant le plan de déploiement du vaccin aux Territoires du Nord-Ouest. En plus de la Dre Kami Kandola et de Julie Green, le comité a pu questionner la nouvelle directrice médicale territoriale, la Dre Anne Marie Pegg.

La communication avec les collectivités a été désignée comme l’un des éléments clés de cette campagne de vaccination. Or, selon le député Bonnetrouge, en date du 6 janvier, aucun détail n’avait encore été dévoilé aux collectivités de sa circonscription qui doivent pourtant recevoir les équipes de vaccination à partir du 18 janvier. « Je sais que les gouvernements autochtones n’ont jamais été contactés, point! » a-t-il lancé.

Écoutez l'intervention du député du Dehcho, Ronald Bonnetrouge:

La ministre Green a alors indiqué que les détails de l’opération, incluant l’horaire de vaccination, sont encore à déterminer et qu’ils seront diffusés le plus rapidement possible dans les collectivités.

« Sans date spécifique, il est présentement inutile de poser des affiches et de faire des annonces à la radio, a-t-elle affirmé. Le personnel a l’intention de confirmer ces dates, puis de communiquer l’information requise dès que possible. »

Dre Pegg a pour sa part indiqué qu’elle prendrait en compte cette rétroaction, et tâchera d’améliorer les communications auprès des collectivités. « Ce que je comprends, c’est que nous devons nous assurer de bien faire le travail [de communication] et d’employer une approche visant plusieurs médias, au-delà d’un seul site web, afin de nous assurer que tous sont informés », a-t-elle répondu.

Où trouver l'information? 

Pour l’instant, quoi faire dans les collectivités pour savoir où et quand les personnes priorisées pourront se faire vacciner?« De ce que j’en comprends, les gens peuvent appeler leur centre local de santé et on leur indiquera le moment où le vaccin sera disponible, quand la distribution sera effectuée et il pourront prendre rendez-vous. Tout le monde peut contacter son centre local de santé et obtenir de l’information s’ils ne peuvent pas la trouver sur Internet » a précisé aux médias la ministre de la Santé et des Services sociaux, Julie Green, le 8 janvier, lors d’une présentation sur la logistique d’administration du vaccin, à Yellowknife.

Un porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux précise que les infirmières des collectivités assurent le suivi auprès des populations locales pour qu'elles sachent à l’avance quand le vaccin sera distribué dans leur collectivité. On admet cependant que, compte tenu des défis logistiques associés au transport du vaccin, le calendrier de distribution est sujet à des mises à jour fréquentes.

Travail avec les équipes locales

La députée d’Inuvik Twin Lake, Lesa Semmler, a exprimé ses préoccupations quant à l’envoie d’équipe de l’extérieur de la région pour assurer l’opération de vaccination, relayant, à ses yeux, le personnel local au second plan.

Un geste qu’elle a qualifié de « colonialiste », qui risque selon elle de miner le sentiment de sécurité des résidents face au vaccin.

« Nous avons une excellente équipe de professionnels de la santé et de pharmaciens sur notre territoire, qui auraient pu prendre l’opération en main, a-t-elle souligné. Le vaccin aurait déjà pu être administré dans les collectivités, et les infirmières auraient pu s’occuper du volet éducatif. »

« Je suis désolé que vous voyiez cette planification comme une remise en question des compétences du personnel local, puisque ce n’est pas le cas », a répondu Julie Green.

La ministre a expliqué que les équipes envoyées dans les collectivités ont le mandat de former les infirmières à l’injection du vaccin Moderna – une procédure qui diffère de celle employée pour les vaccins conventionnels – et à éviter de surcharger le personnel soignant local.

« Les employés envoyés sur place feront un travail complémentaire aux professionnels des collectivités. Nous ne les remplacerons pas, a ajouté la Dre Pegg. Il s’agit de vacciner la population le plus rapidement possible. Le personnel devra également demeurer disponible pour s’occuper des autres cas en parallèle à la vaccination. La vaccination ne doit pas monopoliser toutes les ressources médicales dans les collectivités. »

 

Avec des informations de Batiste Foisy

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