Écoles francophones à Saint-Jean et Fredericton : le DSFS prêt à invoquer la constitution

L'avant du Centre scolaire-communauatire Samuel-de-Champlain; le bâtiment est fait de brique et, devant, il y a une construction en brique sur lequel est écrit le nom du centre
La construction d'une nouvelle école à Saint-Jean devra attendre encore au moins un an même si l'école déborde (Photo : Laurent de Lavenne)

Frustré de ne pas être écouté par le ministère pour ce qui est de la construction et de la rénovation des écoles, le District scolaire francophone Sud (DSFS) se dit prêt à invoquer l'article 23 de la constitution canadienne et faire appel aux tribunaux si besoin est.

Paul Demers, le président du Conseil d'éducation du district explique que cet article garantit à la minorité linguistique le droit d'aller à l'école dans sa langue.

Paul Demers souriant et en complet

Paul Demers, le président du Conseil d'éducation du DSFS (Photo : DSFS)

Cette semaine, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a rendu public ses budgets d'immobilisations, dont celui en éducation. Le budget comprend entre autres la construction de nouvelles écoles de langue anglaise à Fredericton, Hanwell et Moncton. Une école de langue française doit également être construite à Moncton.

Mais, le budget ne prévoit pas de fonds pour la construction de nouvelles écoles de langue française à Saint-Jean et à Fredericton. Pourtant, les écoles de ces deux villes débordent et doivent louer des locaux des centres communautaires pour pouvoir accueillir tous les élèves.

M. Demers se dit à la fois déçu et frustré par la décision de laisser de côté ces deux projets qui figurent sur la liste des priorités du district depuis quelques années.

Dominic Cardy dan la salle des conférences de presse en train de faire son discours

Dominic Cardy, le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance (Photo : gouvernement du Nouveau-Brunswick)

Cité dans un communiqué, le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, a défendu les décisions du ministère.

« Nous sommes déterminés à utiliser un processus décisionnel qui est objectif et transparent afin que les besoins des communautés soient soigneusement examinés et que les décisions soient prises dans l’intérêt supérieur des élèves et des communautés où ils vivent. En utilisant une analyse fondée sur des données, nous pouvons renforcer la stabilité du système d’éducation et le protéger contre la partisanerie. »

Il soutient aussi que les conseils d'éducation changer souvent de priorités. M. Demers assure que ce n'est pas le cas.

Ce dernier soutient que l'outil du ministère ne permet pas de tenir compte des besoins des francophones et il assure que le district a mené des études démographiques permettant d'établir clairement que les besoins sont criants à Saint-Jean et à Fredericton.

Avant de porter l'affaire devant les tribunaux, M. Demers compte d'abord discuter avec M. Cardy et les autres membres du gouvernement Higgs. « Il faut toujours avoir espoir », dit-il.

 

Pour écouter l'entrevue avec M. Demers :